De la fiche métier infirmier aux nouvelles technologies

L’étudiant en enseignement supérieur et notamment en soins infirmiers a toujours eu besoin de supports pour l’aider dans son apprentissage. 

Grâce au développement des technologies ces outils précieux pour l’enseignement ont pu évoluer. 

Les gestes techniques ont d’abord été abordés avec des supports dits « organiques », c’est-à-dire un organisme humain ou animal, vivant ou mort. 

La pratique des étudiants en médecine sur les cadavres, par exemple. Des pattes d’animaux sont également utilisées notamment pour apprendre les sutures. Les travaux pratiques en IFSI, avec des mises en situation sur malades fictifs ou les enseignements sur des supports synthétiques en font également partie. 

Au fil du temps, les différentes parties de corps humains synthétiques ont laissé place au mannequin de basse-fidélité. Puis au mannequin haute-fidélité que l’on peut trouver dans les centres de simulation qui se développent en France. 

En parallèle, la démocratisation des ordinateurs a permis l’accès à des tutoriels sur internet. La difficulté ici, est de s’assurer de la qualité de la source. De plus, la vidéo ne fait appel qu’à deux de nos sens (la vue et l’ouïe), et positionne l’étudiant en observateur. Ces facteurs font que la mémorisation est plus difficile et moins efficace, cela en comparaison à un vécu d’expérience par exemple. 

Aujourd’hui l’étudiant infirmier, comme l’infirmier en poste dispose d’un nouvel outil qui rassemble les éléments favorables à un apprentissage et une mémorisation de qualité. En effet, la réalité virtuelle (VR) s’applique de plus en plus au secteur de la santé et à la pédagogie. Avec des images de synthèse ou réelles et stéréoscopiques (3D), l’apprenant est en immersion dans une situation. Sa vision à la première personne lui permet un positionnement d’acteur et non d’observateur. 

Dans le futur, cette technique pourrait connaitre la même évolution que la simulation en faisant partie intégrante de la formation initiale et continue. 

fiche métier infirmiere

Les outils d'apprentissage du metier d'infirmier

Avec son évolution ces dernières décennies, la technologie s’est mise au service de la pédagogie. La profession infirmière est vaste et les possibilités après le diplôme sont multiples. Toutefois cela impose à l’étudiant infirmier, un programme de formation varié autant sur le plan théorique que pratique. De tout temps, des outils ont été mis en place pour l’aider dans son apprentissage.

Les fiches techniques

Pour acquérir une compétence pratique, l’étudiant doit maitriser les concepts théoriques et s’approprier les savoir-faire techniques. Mais ce qui est parfois suffisant dans certains domaines, ne l’est pas dans le métier d’infirmier. Le soin est dispensé auprès d’un patient et l’apprenant doit également gérer son savoir-être. 

Le soin est souvent abordé en premier lieu par sa partie théorique. L’apprenant reçoit une procédure à suivre, avec toutes les étapes détaillées. Il peut apprendre cet enchaînement par cœur, néanmoins il se retrouve souvent dépourvu devant le patient au moment de mettre en pratique. 

Les TP (travaux pratiques)

Considérés comme essentiels, les travaux pratiques permettent d’appliquer la technique du geste. Ils se déroulent habituellement en groupe restreint. Ce qui permet un échange plus facile. Le formateur est présent pour guider et corriger si besoin. Cependant comme évoqué dans un précédent article « Réalité virtuelle et apprentissage », cette technique ne mobilise que trois de nos sens. L’ouïe, la vue et le toucher. 

« Le scénario le plus courant consiste à présenter une information de façon visuelle, afin que les élèves puissent la regarder, pendant que l’enseignant en explique la logique de façon verbale, afin que les élèves puissent l’entendre. Pendant les exercices pratiques, on ajoute le sens du toucher pour permettre aux élèves de vivre la théorie en pratique, ce qui contribue également à sa mémorisation. »

L’IFSI met en place des travaux pratiques avec des patients fictifs, joués par un élève ou une personne extérieure.

Lors de ces TP, nous pouvons aussi retrouver des supports synthétiques, par exemple l’utilisation d’un bras pour enseigner le prélèvement sanguin. 

Ce modèle d’apprentissage est avancé mais a des limites. En effet, un soin n’est pas juste une suite de gestes techniques, et les supports utilisés en TP sont souvent loin de la réalité du terrain.

Finalement, les stages sont souvent considérés comme les lieux de la première mise en pratique. 

La simulation

La simulation est définie par l’HAS comme « l'utilisation d’un matériel, de la réalité virtuelle ou d’un patient dit standardisé pour reproduire des situations ou des environnements de soins, pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des concepts médicaux ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels ».

Elle est depuis longtemps indispensable dans des secteurs à risques comme l’aéronautique ou l’industrie nucléaire. 

Depuis 2010, l’HAS travaille à son développement dans le secteur de la santé en France. La simulation permet non seulement la formation initiale des professionnels mais également une formation continue dans des situations données avec un maintien de compétences. 

L’apprentissage est plus proche de la réalité avec des scénarios dans lesquels, en plus du geste technique en lui-même, on peut aussi travailler la communication dans l’équipe. L’apprenant est actif dans une situation fidèle à la réalité, plus ou moins complexe. Il dispose d’un support avec des mannequins d’haute-fidélité, c’est-à-dire avec des capteurs électroniques et très réalistes. Il a droit à l’erreur et cette méthode dédramatise certains gestes.  Le temps d’analyse avec un débriefing qui suit la situation permet une approche réflexive du soin. Ce recul améliore à la fois le savoir-faire et le savoir-être. La simulation en santé permet une approche multiple du soin, avec comme objectif prioritaire « jamais la première fois sur le patient ».

Aujourd’hui, grâce au développement de ces dernières années, la simulation est utilisée comme méthode d’enseignement au sein des instituts de formation en soins infirmiers. 

Cependant les centres de simulation ne sont pas en nombre suffisant et ne bénéficient pas toujours de locaux adaptés. Les spécialités comme l’anesthésie-réanimation sont sur-représentées par rapport à d’autres disciplines. 

De plus, les enseignants dans les centres de simulation doivent être formés. Il existe d’ailleurs des diplômes universitaires (DU) sur la pédagogie et l’enseignement par la simulation en santé. 

Comme pour les TP, la simulation se fait en petit groupe, ce qui rend l’apprentissage plus facile mais restreint également l’accès à cette pratique. 

Mais revenons à l’étudiant infirmier qui dispose de la procédure écrite, qui a participé à un TP et même à une séance de simulation. Comment peut-il réviser ? 

Il peut apprendre sa technique par cœur mais ne pourra pas pratiquer. S’il est en stage, son tuteur va lui montrer la gestuelle et le laisser regarder le soin. Mais dans ce cas, l’apprenant est observateur. Il n’a pas le bon point de vue pour apprendre, celui de l’acteur-expert

Des tutoriels souvent disponibles sur internet sont intéressants, mais ils n’offrent pas non plus une vision à la première personne, ni une immersion totale dans le soin. Nous parlerons alors de différence entre la 2D (un film, un tutoriel sur ordinateur) et la 3D (le relief) où l’immersion est complète.

vr revinax immersion

La Réalité Virtuelle en santé ?

Depuis quelques années la réalité virtuelle se développe en France. On connait cette technologie qui permet l’immersion dans un monde numérique, dans le secteur des jeux vidéo ou de la culture.  C’est également un outil efficace dans l’apprentissage. Nous l’évoquions dans un article précédent « Première personne et l’apprentissage » : « notre cerveau assimile les données plus efficacement lorsque l’information nous est présentée à travers divers stimuli ». 

La réalité virtuelle fait appel à davantage de sens (l’ouïe, la vue, la proprioception et le sens vestibulaire) et c’est en ça qu’elle permet un meilleur apprentissage que les techniques d’enseignement classiques. 

De surcroît, l’immersion donne à l’expérience un impact émotionnel qui va améliorer la mémorisation. 

Cette technologie permet également une vision à la première personne. Ce point de vue (utilisé très souvent dans le cinéma pour faire vivre une émotion) va permettre un apprentissage plus rapide et plus efficace. 

Toutefois pour être optimal, l’outil doit respecter un cadre technique et pédagogique. 

La réalité virtuelle ne nécessite plus automatiquement du matériel onéreux. Elle peut être disponible avec un téléphone de type smartphone équipé d’un casque. 

Cet outil présente de multiples avantages pour l’étudiant qui peut réviser le geste technique en toute sécurité. Les vidéos sont disponibles, il peut y avoir accès quand il en ressent le besoin. 

Une fois en poste, l’infirmier peut également profiter de ces vidéos. En service, en réanimation et même au bloc opératoire, il est parfois confronté à un geste, une situation qu’il n’a pas vu depuis longtemps. L’accès à ces images 3D, de situations réelles permet une aide essentielle pour ces professionnels. 

La crise sanitaire que nous vivons est une preuve, qu’il est plus que jamais d’actualité de continuer de former et maintenir les compétences d’une profession si variée qu’est la profession Infirmière.

De nouvelles technologies en Réalité Virtuelle sont aujourd’hui facilement disponibles et créés par des professionnels de Santé, selon les recommandations en vigueur ; alors… FORMONS NOUS SEREINEMENT ! 

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